jeudi 17 mars 2011

Un bon somme pour faire le tri


Le sommeil joue un rôle primordial dans la mémorisation à long terme des informations considérées comme importantes.

C’est le sommeil qui permettrait de faire le tri entre les informations non essentielles et celles à conserver qui seront stocker dans la mémoire à long terme affirme une équipe de l’Inserm dans le Journal of Neuroscience.

Pour le prouver, les chercheurs ont testé un groupe de 26 volontaires (11 hommes et 15 femmes) âgés de 23 à 27 ans. Ilsleur ont présentés des mots. Certains devaient être retenus tandis que d’autres devaient être oubliés. Après avoir été confrontés à l’ensemble des mots, la moitié des sujets a pu dormir la nuit suivant cette phase d’apprentissage tandis que les autres ont été privés de sommeil. Ils ont ensuite été revus trois jours après pour tester leur mémoire sur l’ensemble des mots présentés.

Grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle, les chercheurs ont montré que l’activité du cerveau lors de la phase d’apprentissage des mots permettait de déterminer le devenir des souvenirs après une nuit de sommeil. C’est notamment l’hippocampe, une structure cérébrale située dans le lobe temporal impliquée dans les phénomènes de mémorisation.

Ces résultats montrent que l’activation de cette petite région lors de la confrontation à des informations nouvelles est un signal important indiquant à notre cerveau parmi toutes les informations qu’il reçoit lesquelles doivent être consolidées au cours du sommeil. « Notre étude va dans le sens de certains travaux qui suggèrent que l’hippocampe marquerait des populations neuronales spécifiques au moment de l’apprentissage (comme avec des étiquettes). Ces populations étiquetées seraient ensuite réactivées au cours du sommeil, mécanisme à la base du processus de consolidation » conclut Géraldine Rauchs, auteure principale de l’article.

La greffe d'une bronche artificielle pour éviter l'ablation du poumon



Des chirurgiens français ont réussi une première mondiale en greffant une bronche artificielle sur un patient atteint d’un cancer du poumon. Ils ont ainsi pu éviter l’ablation, opération à haut risque.

Agé de 78 ans, atteint d’un cancer sur le poumon droit, un homme devait logiquement subir une ablation du poumon après avoir déjà eu des traitements anticancéreux. Ce patient cumulait tous les facteurs augmentant le risque de ne pas survivre à une telle opération, ont expliqué le Pr Emmanuel Martinod et ses collègues de l’hôpital Avicenne de Bobigny (93). Cette équipe a testé sur ce patient une technique nouvelle, fruit de 10 ans de recherches en laboratoire : la greffe d’une bronche artificielle qui permet d’utiliser les capacités de réparation naturelles de l’organisme pour reconstruire le tissu bronchique.

Cette première mondiale a été présentée aujourd’hui à l’hôpital Avicenne (Ap-Hp) par les Pr Martinod, Dominique Valeyre et Alain Carpentier, dont le laboratoire a hébergé les travaux menés en amont.

Dans le cas de ce patient, le cancer touchait la partie centrale du poumon droit (celui qui est composé de trois lobes) et ne pouvait donc pas être soignée par une ablation partielle du poumon. Or la mortalité peut atteindre 26% dans les 90 jours qui suivent une ablation complète d’un poumon, contre 2% en cas de ‘coupe’ partielle.

Le Pr Martinod a mis au point une greffe alternative pour éviter l’ablation. La bronche artificielle est fabriquée à partir d’une aorte, stockée dans les banques de tissus. Ce tissu artériel ne provoque pas de rejet immunitaire, une condition sine qua non pour cette greffe, les patients atteints de cancers ne pouvant pas prendre de traitements immunosuppresseurs.

Cette matrice en forme de tube, comme la bronche, est renforcée par un stent (petit tube en treillis métallique). Les travaux expérimentaux ont montré que les cellules des bronches colonisent ce greffon : la paroi constituée de cellules ciliées se développe à l’intérieur de la matrice, tandis qu’une structure cartilagineuse se reconstitue sur la portion de bronche raccordée. Ce sont les cellules souches du patient qui migrent sur le site de la greffe et qui permettent cette réparation, explique le Pr Martinod.

Le patient âgé de 78 ans a été opéré le 28 octobre 2009. Depuis il est suivi mais il va bien, ont précisé les médecins. Une étude est lancée sur 20 à 30 patients dans le cadre d’un essai clinique afin de valider cette nouvelle technique. Les résultats de cette première sont publiés dans une revue scientifique à comité de lecture, The Annals of Thoracic Surgery

Alzheimer : la piste hépatique


Des résultats inattendus pointent le foie, et non le cerveau, comme origine des plaques amyloïdes impliquées dans la maladie d’Alzheimer.

Des gènes à l’expression hépatique

Et s’il fallait rechercher dans le foie plutôt que dans le cerveau l’origine des plaques séniles retrouvées chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer ? C’est l’étonnant résultat d’une étude réalisée par les chercheurs du Scripps Research Institute et publiée dans le Journal of Neuroscience Research.

Dans l'étude, les scientifiques ont utilisé des souris modèles murines de la maladie d'Alzheimer pour identifier les gènes qui influencent la quantité de la substance amyloïde qui s'accumule dans le cerveau. Ils ont découvert trois gènes qui protégeaient les souris du dépôt et de l’accumulation de substance amyloïde. Pour chacun de ces gènes, une moindre expression dans le foie a protégé le cerveau des souris. L’un de ces gènes code pour la préséniline, une protéine de membrane cellulaire déjà associée au développement de la maladie d’Alzheimer chez l’Homme.

« Le produit de ce gène, appelé Presenilin2, fait partie d'un complexe enzymatique impliqué dans la production de bêta-amyloïde pathogène » explique Greg Sutcliffe, principal auteur de l’étude. « De façon inattendue, l'expression de Presenilin2 se fai dans le foie mais pas dans le cerveau. Une expression plus élevée de Presenilin2 dans le foie est en corrélation avec une plus grande accumulation de bêta-amyloïde dans le cerveau à l’origine du développement de la pathologie de type Alzheimer. »

Cette découverte suggère que d'importantes concentrations de bêta-amyloïde pourrait provenir du foie, circulent dans le sang pour ensuite pénétrer dans le cerveau. Si ces résultats se confirment, bloquer la production de bêta-amyloïde dans le foie pourrait prévenir les altérations cérébrales typiques d’Alzheimer.

Un essai in-vivo prometteur

Pour tester cette hypothèse, l'équipe de Sutcliffe mis en place une expérience in vivo sur des souris. Elles ont reçu une substance, l'imatinib, prescrite dans le traitement de certaines leucémies. Cette molécule réduit fortement la production de bêta-amyloïde des cellules cancéreuses mais ne peut franchir la barrière hémato-encéphalique pour pénétrer dans le cerveau.

Les résultats montrent que le médicament réduit considérablement la quantité de bêta-amyloïde, non seulement dans le sang, mais aussi dans le cerveau où la drogue ne peut pas pénétrer. Ce qui prouve bien qu’une portion appréciable de la substance amyloïde cérébrale est produite ailleurs dans le corps, dans le foie en l’occurrence, et fait de l'imatinib un candidat pour prévenir et traiter la maladie d'Alzheimer.

Les chercheurs espèrent maintenant trouver des partenariats avec les laboratoires pharmaceutiques pour initier des essais cliniques et développer de nouvelles substances pouvant neutraliser la production de substance amyloïde dans le foie

La blouse et les lunettes


Dans "La blouse et les lunettes", la nouvelle web-émission proposée et réalisée par le magazine Sciences et Avenir, le journaliste Victor Rodgère vous explique comment distinguer le mythe de la réalité pour des objets et des pratiques pseudo-scientifiques ou pseudo-thérapeutiques.

Les Scientologues l’appellent « électromètre », « e-meter » ou encore « électropsychomètre ». Ils sont prêts à débourser environ 5000 euros pour en acquérir un, alors qu’il s’agit d’un simple ohmmètre vendu quelques dizaines d’euros dans le commerce. Cet appareil ne fait que mesurer la résistance du corps au passage d’un faible courant électrique via deux grosses électrodes. Mais pour la Scientologie, qui en a fait l’outil central de sa pratique quotidienne, il détecterait… les images mentales ! Selon la secte les images mentales auraient une masse. C’est cette masse apparaissant à chaque fois que l’on pense à quelque chose, qui perturberait le courant de l’électromètre et ferait donc dévier son aiguille. Mieux encore, dans son ouvrage Dianétique 55, Ron Hubbard, l'inventeur de la Scientologie, soutient même que cette masse « peut se mesurer sur un instrument aussi banal et familier qu’un pèse-personne. » Victor Rodgère a voulu vérifier cela. Equipé de son propre pèse-personne il est allé dans la rue mesurer le poids des pensées des uns et des autres !

"Non à l’irrigation du colon!"

Selon les naturopathes, l’irrigation du colon permettrait de détoxifier l’organisme en le débarrassant des matières fécales qui s’accumulent dans la partie terminale de notre tube digestif. Il n’en est rien. Cette pratique singulière repose sur de vieilles croyances complètement obsolètes aujourd’hui. Cette version moderne du lavement, n’a aucun intérêt pour la santé. Au contraire, elle peut provoquer des irritations, des déchirures de la paroi et même des infections. Victor Rodgère s’est intéressé au sujet. Sa conclusion : « Non à l’irrigation du colon ! »

Les sex-shops vendent des parfums aphrodisiaques censés rendre les hommes sexuellement irrésistibles. Ces parfums contiendraient des phéromones auxquelles seraient sensibles les femmes. Problèmes, l’être humain n’est pas capable de capter ces phéromones et ce pour une raison simple, l’organe qui permet de les percevoir a disparu au cours de l’évolution. Pour en avoir le « cœur » net, nous avons testé l’un de ces parfums avec Marine, une jolie mannequin et cinq garçons très sérieux !

Peut-on vivre sans manger ni boire ?
Le 15 décembre sort en salle « Lumière », un documentaire consacré à un mouvement new age appelé Respirianisme, dont les adeptes prétendent ne plus manger ni boire depuis des années mais se nourrir uniquement de lumière (le “prana”). Son réalisateur, Peter Arthur Straubinger, expose notamment le cas de Pralad Jahni, un yogi indien qui n’aurait rien avalé depuis plus de 60 ans ! Une prouesse inouïe que semble valider une expérience scientifique relatée dans le film. Problème : présenté comme une enquête “sérieuse”, ce film est une propagande pour ce mouvement dont les pratiques, dangereuses, sont responsables de la mort de plusieurs adeptes. Explications.

Les bracelets d’équilibres sont-ils bidons ?

Depuis cet été, d’étranges bracelets en plastiques sont apparus aux poignets de sportifs amateurs ou professionnels, pour être très vite adoptés par Monsieur Toutlemonde. En quelques mois il s’en est vendu plusieurs millions rien qu’en France. La raison de cet incroyable succès : ces bracelets auraient un pouvoir. Selon leurs fabricants ils améliorent votre équilibre et ce grâce à «un hologramme encodé avec des fréquences qui réagissent positivement avec celles de votre corps». Nous les avons donc testés. Résultat : ils ont autant de pouvoir qu’une petite cuillère. Démonstration !

Une protéine artificielle stoppe l'arthrite chez la souris


La bio ingénierie a permis de fabriquer une molécule active contre les pathologies inflammatoires chez la souris.

Une protéine a été conçue pour réduire les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde chez la souris révèle une étude publiée dans Science. Cette molécule est l’œuvre d’une équipe internationale œuvrant au NYU Langone Medical Center. Il s’agit d’un dérivé du facteur de croissance de la progranuline, un facteur connu depuis longtemps pour jouer un rôle critique dans diverses maladies inflammatoires.

« Le développement de cette protéine élargit notre compréhension des mécanismes moléculaires qui déterminent les facteurs de croissance et les cytokines qui contrôlent le développement du cartilage et de l'arthrite », a déclaré Liu Chuan-ju, auteur principal du travail de recherche.

En utilisant des techniques de criblage, les chercheurs ont trouvé que la progranuline se fixe à une petite protéine inflammatoire, le récepteur du TNF (TNFR). Le fait d'administrer aux souris malades de la progranuline diminuait ou supprimait même la maladie. Puis l'équipe a pu déterminer quels fragments de la progranuline étaient nécessaires pour se lier au TNFR.

En combinant ces trois fragments, ils ont pu mettre au point une forme modifiée de progranuline qu'ils ont baptisée Atsttrin plus active que la progranuline naturelle pour supprimer la polyarthrite. On ne sait pas encore si l'Atsttrin sera aussi efficace chez l'homme mais l'étude suggère que la progranuline pourrait être un nouvel agent thérapeutique prometteur contre la polyarthrite rhumatoïde. Les chercheurs vont même plus loin et estiment que leur travail pourrait profiter à d’autres malades atteint de pathohologies auto-immunes comme la maladie de Crohn, le psoriasis ou la rectocolite hémorragique.

samedi 3 avril 2010

Un puissant cyclone balaie les îles Fidji


L'état de catastrophe naturelle a été décrété, mardi 16 mars, aux îles Fidji, balayées par un puissant cyclone qui a détruit de nombreuses habitations et provoqué l'évacuation de 17 000 personnes. Pour l'heure, le seul décès recensé est celui d'une jeune femme qui s'est noyée, emportée par une vague, dimanche à l'approche du cyclone Tomas, sur l'île de Vanua Levu (Nord). Mais les autorités redoutent d'autres victimes, le directeur de l'Office national des catastrophes ayant évoqué "plusieurs décès" non confirmés. "Je pense que certaines personnes ont perdu la vie, mais il n'y a que quelques [décès]", a-t-il indiqué à l'AFP. Le nombre des victimes n'a pu être confirmé par la police tant que les communications avec les îles touchées n'ont pas été rétablies, a-t-il ajouté. "Ceux qui ont connu d'autres cyclones assurent que celui-ci est le plus long et le plus puissant, et surtout le plus destructeur", a-t-il ajouté.

"L'état de catastrophe naturelle a été décrété [dans les divisions administratives] du Nord et de l'Est", a indiqué un responsable de la gestion des catastrophes, faisant état pour le moment de "plus de cinquante habitations détruites". "Nous nous attendons à ce que ces chiffres augmentent au cours des prochains jours", a-t-il ajouté, alors que de nombreuses îles sont coupées du monde après la rupture des moyens de communication. Les autorités se sont dites particulièrement inquiètes au sujet des îles septentrionales de Cikobia et Qelelevu.

Tomas est accompagné de vents d'une vitesse moyenne de 175 km/h. En mer, les vagues ont atteint plus de 7 mètres de haut et les navires ont été invités à éviter la zone. "Le cyclone devrait maintenir son intensité maximale pendant douze heures environ avant de commencer à décliner", a indiqué mardi matin le chef des services météorologiques. Les deux îles principales, Viti Levu et Vanua Levu, ont été les plus touchées par le cyclone, qui s'est ensuite déplacé vers l'est, où deux villages ont été inondés sur l'île de Lakeba.

Plusieurs milliers de personnes évacuées de leur domicile ont trouvé refuge dans des centres mis en place par les autorités, notamment à Vanua Levu. Au total, plus de 17 000 personnes ont dû être évacuées, principalement dans le nord de l'archipel, où le cyclone a endommagé des bâtiments et des récoltes et provoqué des inondations. Les routes sont barrées par des arbres et des fils électriques. L'archipel des Fidji, dans le Pacifique sud, compte un peu moins d'un million d'habitants. Les écoles et bâtiments administratifs sont restés fermés mardi, et un couvre-feu a été décrété sur la plus grande partie du territoire. Auparavant, Tomas a causé des dégâts matériels et à la végétation à Futuna, dans l'archipel français de Wallis-et-Futuna, au nord-est des Fidji.

Après Xynthia, les élus dénoncent le rôle de l'Etat


Des piles de matelas sur les trottoirs, des montagnes de meubles dans les jardins : deux semaines après la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts en France et dévasté des centaines de maisons dimanche 28 février, le soleil n'a pas fini de sécher les côtes ravagées de Charente-Maritime et de Vendée. Mais pendant que les milliers de maisons inondées sont vidées et récurées, chacun sait que le débat sur l'urbanisation intensive de ce littoral à risque ne fait que commencer.

Muni des résultats de l'enquête commandée pour déterminer les causes de la catastrophe, le président de la République, Nicolas Sarkozy, doit se rendre dans ces deux départements, mardi 16 mars, pour préparer "les décisions destinées à améliorer leur protection contre les aléas naturels dans les années à venir".

Les maires ont été sévèrement mis en cause, au lendemain du drame, pour avoir développé leur commune dans des zones inondables. Le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, entré en fonction deux semaines seulement avant la tempête, a eu des mots très durs contre des municipalités accusées d'avoir ignoré les mises en garde répétées des services de l'Etat.

Alors que l'Assemblée nationale comme le Sénat envisagent de former des commissions d'enquête, les élus locaux refusent de porter seuls le chapeau. "C'est toute une chaîne de responsabilités qui est en cause. L'Etat, les municipalités, les promoteurs, les propriétaires, les assureurs : tout le monde connaissait les risques", résume le maire de La Tranche-sur-Mer, Serge Kubryk, qui prépare une communauté de communes avec La Faute-sur-Mer et L'Aiguillon-sur-Mer, les deux villages les plus durement touchés de Vendée.

Si les municipalités ont à tout le moins manqué de prudence, les critiques virulentes de la préfecture masquent aussi un réveil bien tardif des services de l'Etat. Pour sa défense, la préfecture de Vendée brandit aujourd'hui le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) élaboré par sa direction départementale de l'équipement (DDE), dont les communes auraient retardé l'application. La Faute-sur-Mer, où 29 habitants ont péri noyés, y apparaît presque entièrement en rouge, couleur synonyme d'interdiction de construire en raison d'un risque majeur. L'Aiguillon-sur-Mer, de l'autre côté de l'estuaire du Lay, affiche une bonne quantité de bleu foncé - risque important - et deux vastes zones rouges, dont la pointe de l'Aiguillon, superbe décor sauvage aujourd'hui dévasté où 250 maisons ont été construites, pour la plupart en toute illégalité, depuis les années 1950.

Problème : ce document n'a été élaboré qu'en 2008, alors que l'urbanisation était déjà largement achevée. "Jusque-là, nous avions pour référence un PPRI daté de 2002, d'après lequel L'Aiguillon ne compte aucune zone rouge et où les lotissements de La Faute sont en bleu clair", témoigne le maire de L'Aiguillon, Maurice Milcent, en étalant la carte sur son bureau. C'est d'ailleurs toujours ce document qui fait foi, le nouveau PPRI n'ayant pas encore été soumis à l'enquête publique, en raison notamment de l'opposition du maire de La Faute, René Marratier.

"En toute légalité"

"On peut se demander quel était le sens d'inscrire en zone rouge des parcelles déjà entièrement couvertes de lotissements", observe Joël Sarlot, vice-président du conseil général de Vendée et président du Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement. D'autant plus, ajoute M. Kubryk, que toutes les constructions ont été menées avec la bénédiction des services de l'Etat : "Non seulement, la DDE ne s'est pas opposée aux permis de construire, mais dans de petites communes comme La Faute-sur-Mer, c'est la DDE elle-même qui instruit directement ces permis. L'Etat connaissait donc parfaitement la situation."

Il savait, ainsi, que les lotissements de la "cuvette" de La Faute-sur-Mer étaient bâtis à 3,70 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, quand le dossier départemental des risques majeurs établi par la préfecture stipule un niveau minimum de 4 mètres.

"Le vrai drame, c'est que l'essentiel des constructions ont été faites en toute légalité, analyse un responsable régional du littoral. C'est une succession d'erreurs collectives, face à une demande d'urbanisation colossale et à d'énormes intérêts économiques." Une situation moins facile à résoudre que la recherche d'un coupable.

Un satellite de la planète rouge vu de près par Mars express


Puisqu’on ne retournera pas sur la Lune de sitôt – au grand dam de certains parlementaires américains et des anciens d’Apollo –, l’homme braque son regard vers une lune de la planète Mars.

Des clichés remarquables de l’un des satellites naturels de Mars, Phobos, nous sont parvenus dimanche. Ils ont été pris par la sonde Mars express de l’ESA, envoyée en 2005.

Ce petit satellite à la forme irrégulière a été photographié avec une précision inédite. Les clichés permettront de déterminer le site d’atterrissage d’une sonde russe Phobos-Grunt prévue pour 2010. Elle aura pour mission, entre autres, de prélever 200 grammes du sol de Phobos et les rapporter sur Terre.

Ce satellite naturel de la planète Mars a des similitudes avec notre Lune, et n’en déplaise à Pink Floyd, il possède aussi une face cachée. L’essentiel des satellites en orbite autour d’un astre très massive finissent par ne plus lui montrer qu’un côté. C’est ce qu’on appelle une rotation synchrone : les périodes de révolution et de rotation sont égales.

Les effets de marée, à cause de la non uniformité de la force gravitationnelle, déforment le satellite et lui donnent une forme aplatie. La force de marée agit sur le bourrelet formé et applique un couple freinant la rotation du satellite. Sur une grande échelle de temps, le système atteint une position d’équilibre lorsqu’il tourne sur lui même en même temps qu’il fait un tour de la planète qui l’attire. Il ne peut plus être ralenti, c’est pour cette raison que la Lune nous montre toujours la même face.

L’interaction entre la Terre et la Lune a freiné cette dernière dans sa rotation. Elle n’a pas pu résister longtemps, vu sa faible masse. Mais l’inverse est également vrai ! La Lune freine la Terre, certes dans des proportions moindres mais non sans conséquences. Dans se manège la période de rotation de la Terre a changé. Il y a 300 millions d’années, un an se décomposait en 400 jours de 22 heures. On estime actuellement, grâce aux horloges atomiques, que la durée du jour est modifiée de 2 millisecondes par siècle.

Les chiens seraient originaires du Proche-Orient


Les chiens seraient originaires du Proche-Orient et non d'Europe ou d'Asie, selon une étude publiée mercredi 17 mars, qui montre aussi comment une grande diversité peut exister entre les différentes races de chiens malgré un éventail génétique limité au départ.

"Les chiens semblent partager davantage de similitudes génétiques avec les loups gris du Proche-Orient qu'avec n'importe quelle autre population de loups dans le monde", résume Robert Wayne, de l'Université de Californie, qui a dirigé cette nouvelle analyse génétique à grande échelle. La majeure proportion de l'héritage ancestral des chiens modernes est due à des loups du Proche-Orient, ce qui "conforte l'hypothèse que les chiens sont originaires du Proche-Orient", ajoute M. Wayne dans un communiqué publié par l'université.

Des recherches génétiques antérieures, fondées seulement sur une petite fraction d'ADN mitochondrial, celui propre aux centrales à énergie des cellules, avaient suggéré une origine est-asiatique des chiens. La nouvelle étude, concernant 912 chiens de 85 races et 225 loups gris (Canis lupus, l'ancêtre du chien domestique), a permis d'analyser plus de 48 000 marqueurs répartis sur la totalité du génome. Selon le professeur Wayne, 80 % des races de chiens sont des races modernes qui ont évolué au cours des derniers siècles. D'autres races ont une histoire plus ancienne.

Les chiens du Proche-Orient étaient déjà associés à l'homme, comme en témoigne la découverte d'un chiot dans les bras d'un homme dans un site mortuaire. Des traces archéologiques datant de 12 000 à 13 000 ans attestent de leur existence au Proche-Orient à cette époque, même si des restes plus anciens de chiens ont été retrouvés en Belgique et en Russie.

Au-delà de l'apport génétique dû aux loups du Proche-Orient, une reproduction interespèces plus récente entre chiens et populations locales de loups a pu contribuer à l'histoire récente de certaines lignées canines, selon Bridgett von Holdt, principale auteure de l'étude. L'évolution des races de chiens modernes a "permis de créer une remarquable diversité" malgré une "boîte à outils" génétique limitée, souligne-t-elle.

Importante fuite de méthane de l'océan Arctique dans l'atmosphère


Le fond de l'océan Arctique libère du méthane, un puissant gaz à effet de serre, à un rythme plus élevé que ne le pensaient les experts, ce qui pourrait aggraver le réchauffement climatique, selon une étude publiée jeudi dans la revue Science.

"Cette découverte met en évidence une source de méthane importante mais jusqu'ici négligée provenant du permafrost [le sol gelé en permanence] situé sous l'eau, plutôt que sous les terres", écrivent les auteurs de l'étude, qui soulignent que "ces émissions risquent d'avoir à l'avenir un effet dramatique sur le réchauffement climatique".

Cette équipe de recherche internationale a étudié entre 2003 et 2008 les eaux du plateau arctique de Sibérie orientale, qui couvrent plus de 2 millions de kilomètres carrés dans l'océan Arctique. De précédentes études effectuées en Sibérie s'étaient plutôt concentrées sur le méthane s'échappant sous l'effet du dégel du permafrost situé sur le continent.

Les scientifiques ont en effet longtemps considéré que le permafrost situé sous l'océan Arctique constituait une barrière infranchissable pour le méthane, un gaz dont l'effet de serre est trente fois supérieur à celui du CO2. Mais les observations de l'équipe de l'université de Fairbanks montrent que le permafrost sous-marin est perforé et laisse échapper de grandes quantités de méthane.

Sur l'île de Ré, Loix reprend ses esprits après le passage de Xynthia


Envoyé spécial Loix, île de Ré

Loix est un village auquel on accède par une route bordée de marais asséchés au Moyen Age. Lorsque la tempête Xynthia a frappé le village, situé sur l'île de Ré, Loix est redevenue, pendant deux jours, une île. Trois heures après la submersion, "les premiers pompiers arrivaient dans leur Zodiac" raconte le maire divers-droite Lionel Quillet qui a la mine d'un homme qui n'a dormi que quelques heures lors des cinq dernières nuits.

"L'eau a été polie, plaisante son adjoint, Patrick Boussaton, elle s'est arrêtée au panneau Loix" et n'est pas allée jusqu'au cœur du village qui compte entre 700 et 800 habitants. La preuve, pour un promeneur à bicyclette croisé sur la route, que les "anciens n'avaient pas tout à fait tort" en concentrant leurs logements dans le centre du village, au plus loin des eaux, certes domestiquées, mais que l'on sait dangereuses. L'homme sourit presque en photographiant un voilier éventré gisant sur ce qui fut une piste cyclable. "On a oublié que la mer, les fleuves et les montagnes restaient dangereuses", déplore-t-il. Une rengaine entendue bien des fois sur l'île de Ré.

"DE MÉMOIRE D'HOMME, ON NE CONNAISSAIT PAS ÇA"

A Loix, personne n'a péri sous les eaux, même si le maire et son adjoint avouent qu'il s'en est fallu de peu. Passés le "choc terrible et la stupéfaction", les îliens ont "chaussé leur bottes" et sont partis faire le tour des maisons. Celles qui ont été inondées se trouvaient dans une "zone submersible, mais constructible", explique l'adjoint au maire, en précisant immédiatement que "cela n'était jamais arrivé" auparavant. "De mémoire d'homme, on ne connaissait pas ça", confirme M. Quillet.

Sur l'île de Ré, l'urbanisme n'a pas connu les excès de la côte vendéenne. La majorité des terrains de l'île ont été classés en zone protégée, une disposition qui a mis les maires par la même occasion à l'abri d'une trop grande pression de leurs administrés. "Quand bien même un maire aurait voulu accéder à une telle demande, il n'aurait rien pu faire, seul un arrêté ministériel aurait permis de rendre constructibles ces terrains", explique l'édile. La plupart des nouvelles habitations ont donc été établies dans les limites anciennes, densifiant le centre sans que leurs occupants ne courent le risque de finir les pieds dans l'eau.

Toutes les personnes sinistrées – entre 60 et 80 personnes – ont été accueillies dans les mobil-home du camping municipal. "Dès dimanche après midi, tout le monde était au sec et au chaud", se réjouit M. Quillet qui est également président de la communauté de communes de l'île. Depuis toutes ont été relogées dans des maisons inoccupées l'hiver. De fait, le camping est vide. Devant l'une des maisons encore submergées, une dame regarde les pompiers à l'œuvre. C'est sa maison qui est inondée. Elle vit désormais chez des amis qui vivent à l'année sur le continent. Elle n'en dira pas plus, mécontente de son passage à la télévision deux jours plus tôt.

"ON A CRU QUE LOIX N'EXISTAIT PLUS"

Cinq jours après la tempête, règne une ambiance étrange, mélange d'animation et de torpeur, dans cette commune que l'on imagine hyperactive en saison. Nombreux sont les estivants qui sont venus constater les dégâts par eux-mêmes. Croisés en bordure d'un champ d'oliviers – "du folklore ou un pari sur le réchauffement climatique" pour un agriculteur réthais –, un couple de Franciliens photographie l'eau qui arrive à mi-hauteur du tronc noueux des pauvres arbres. Ils sont soulagés, l'eau s'est arrêtée au muret qui jouxte leur maison. Au café, même constat pour un couple d'Anglais qui se réjouissent que leur villa n'ait rien. "En écoutant les informations anglaises, on a cru que Loix n'existait plus", note Monsieur dans un français impeccable.

Le village est traversé en permanence par des camions-bennes transportant pierres, sable ou gravats. Sur ce qu'il reste des digues, les engins s'affairent à colmater les brèches ou à reconstruire ce que la mer a balayé en une nuit. Derrière l'une d'elles, un homme venu de Toulouse constate les dégâts sur son matériel qu'il loue à une ferme d'aquaculture. La ferme est dévastée. Les hangars ont été déchiquetés, un tracteur est immergé aux trois quarts et une citerne d'oxygène destinée aux milliers de jeunes poissons, désormais morts, gît à cinq cents mètres de là où elle était arrimée.

A l'heure du déjeuner, le café du village est bondé. "Le repos des braves", rigole un des pompiers attablés avec une vingtaine de ses compagnons. L'ambiance est joviale même si la tempête est sur toutes les lèvres. Un habitué plaisante avec le patron et le félicite pour ses "affaires qui marchent bien pour un mois de mars". Cela ne le fait pas rire. Il sait qu'il a "perdu bien plus qu'il n'a gagné".

La lutte contre la mortalité maternelle ne progresse pas


A cinq ans du rendez-vous fixé par les Nations unies (ONU) pour remplir les Objectifs du millénaire, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) s'alarment au sujet de la question de la santé maternelle. Si l'ONU s'était engagée, en 2000, à "réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle" en 2015 dans le monde et à "rendre l'accès à la médecine procréative universel", les progrès enregistrés sont proches du néant.

"Une femme dans le monde meurt chaque minute à cause de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement", rappelle Oxfam France, porte-drapeau d'une campagne qui doit être lancée, vendredi 12 mars, contre cette "non-assistance à mère en danger" et associe Médecins du monde, Action for Global Health et Avocats pour la santé dans le monde. Sur 530 000 décès annuels de femmes pendant leur grossesse ou à l'accouchement, la moitié ont lieu en Afrique subsaharienne et un tiers en Asie du Sud.

Les moyens accordés à la planification familiale ne progressent pas davantage. En Afrique subsaharienne, 20 % des femmes qui le souhaitent n'auraient pas accès à la contraception, un pourcentage sous-estimé selon les experts. La planification familiale peut pourtant agir directement sur le taux de mortalité maternelle dans les pays en développement : selon une étude du ministère de la coopération britannique, "32 % des décès maternels pourraient être évités grâce à l'accès à des moyens de contraception modernes", en évitant les grossesses trop précoces et trop rapprochées par exemple. Un meilleur accès à la contraception permettrait aussi de réduire les avortements non médicalisés, à l'origine de 13 % de la mortalité maternelle.

Comment expliquer que la maîtrise de la fécondité puisse être à ce point négligée ? En 2005, les ONG ont difficilement obtenu que l'objectif sur la santé maternelle soit assorti d'une exigence de planification familiale. Mais la gêne à aborder ces questions est encore palpable dans les institutions et sur le terrain.

La faute en revient en partie aux difficultés de financement. Les pays concernés peinent à consacrer 15 % de leurs dépenses publiques à la santé, comme ils s'y étaient engagés en 2001. Et l'aide est insuffisante. "Selon l'Organisation mondiale de la santé et la Banque mondiale, il faudrait dégager 36 milliards de dollars pour se donner les moyens d'atteindre les objectifs en matière de santé maternelle, quand l'aide internationale, publique et privée, est de 20 milliards de dollars", pointe Julien Potet, d'Oxfam France.

Cette situation est notamment le fruit de réticences d'ordre moral et politique. L'administration Obama, qui a débloqué 12 millions de dollars pour la promotion de la contraception en Afrique et en Asie, a certes rompu avec les années Bush, quand tout financement aux organisations pratiquant ou facilitant l'avortement était interdit. Mais, aujourd'hui encore, le gouvernement canadien de Stephen Harper maintient cette ligne conservatrice.

"L'approche planning familial n'est pas très bien perçue, les politiques coercitives de contraception menées en Inde puis en Chine ayant joué contre le sujet, explique Catherine Giboin, de Médecins du monde. Aujourd'hui, on reprend cette question non plus sous l'angle du contrôle de la démographie, mais du point de vue du droit des femmes." Au Niger, où l'ONG participe à un programme mis en place en 2007 par l'Union européenne, l'accès à la contraception n'est abordé que par le biais de "l'espacement des naissances", une notion acceptée par l'islam, quand celle de la limitation des naissances est proscrite, explique le docteur Joël Le Corre, chargé de mission de Médecins du monde dans ce pays.

Avec 7,1 enfants par femme, le Niger, où 60 % des jeunes femmes ont un enfant avant l'âge de 19 ans, affiche le taux de fécondité le plus élevé au monde. La gratuité des soins aux femmes enceintes et de l'accès à la contraception, décidée par le gouvernement nigérien, et le soutien des imams ont permis au programme auquel contribue Médecins du monde dans la région de Tahaoua d'obtenir des résultats tangibles. "Le taux de prévalence de la contraception est passé de 8 % à 14 %", indique M. Le Corre.

Avec un taux d'accès à la contraception situé entre 5 % et 10 %, quand il oscille entre 60 % et 90 % en Asie et en Amérique latine, l'Afrique noire cependant est loin du compte. "Une croissance de 2,5 % à 3 % du taux de fécondité, ce qui est aujourd'hui le cas dans une quinzaine de pays d'Afrique subsaharienne, est insoutenable et condamne l'Afrique à l'aide extérieure", assure Jean-Pierre Guegan, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), l'un des rares démographes à oser enfourcher le cheval de bataille de la planification familiale en Afrique subsaharienne.

Si la baisse - lente mais réelle - de la fécondité observée ces dernières années dans cette région du monde se poursuit mais ne s'accélère pas, "l'hypothèse haute des Nations unies d'un nombre moyen de trois enfants par femme en 2050, qui conduit à 2 milliards d'habitants, pourrait se révéler trop basse, et la population de l'Afrique subsaharienne pourrait encore doubler entre 2050 et 2100 et dépasser alors les 4 milliards", affirme M. Guegan.

Autant d'arguments qui plaident en faveur de la planification familiale, le plus essentiel étant sans doute que les femmes africaines ont, elles aussi, droit à la maîtrise de leur propre fécondité.

Bataille diplomatique autour des espèces menacées


Rarement conférence des parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction (Cites) aura autant fait parler d'elle. Ce coup de projecteur tient, pour beaucoup, à la focalisation sur le thon rouge, espèce convoitée et surpêchée dont le sort fait l'objet d'une intense bataille diplomatique. Son commerce pourrait être suspendu à l'occasion de cette réunion, qui se tient à Doha (Qatar) du samedi 13 au jeudi 25 mars.

L'année internationale de la biodiversité, décrétée par les Nations unies en 2010, renforce encore l'intérêt pour la conférence. Plus d'un tiers des espèces sauvages recensées par l'Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN) est menacé d'extinction. La communauté internationale s'est engagée à stopper la destruction d'écosystèmes indispensables à l'homme, sans succès jusqu'à maintenant. Or la Cites est un des rares outils multilatéraux de protection de la nature ayant démontré son efficacité. A tel point qu'elle apparaît de plus en plus comme un recours.

L'objectif de la convention, adoptée en 1973, est de s'assurer que le commerce international d'espèces sauvages, qui génère des milliards de dollars de recettes chaque année et porte sur plus de 350 millions de spécimens, ne menace par leur survie. "Chaque jour, nous consommons de la biodiversité pour notre alimentation, notre mobilier, nos cosmétiques, nos vêtements, nos bijoux, nos objets d'art, notre pharmacie, souligne Juan Vasquez, porte-parole du secrétariat de la Cites. La nature est une ressource renouvelable si on la gère bien, mais si on dépasse les limites, on provoque des extinctions."

Pour endiguer le phénomène, chacun des 175 Etats parties de la Cites peut, tous les trois ans, proposer d'intégrer une ou plusieurs espèces à l'une des annexes de la convention. L'annexe I est réservée aux animaux et végétaux menacés de disparition imminente. Si la proposition est votée à la majorité des deux tiers, le commerce international en est interdit. Les espèces surexploitées, sans être en danger critique, sont proposées à l'annexe II. Leur commerce est autorisé, mais les Etats doivent fournir des certificats garantissant qu'elles ont été prélevées légalement et qu'elles ne sont pas surexploitées.

Quelque 33 000 espèces sont aujourd'hui classées, dont moins d'un millier à l'annexe I, qui inclut grands singes, éléphants, guépards, tigres, tortues, oiseaux de proie, crocodiles, cactées, orchidées... Le système a fait ses preuves. L'interdiction du commerce international de l'ivoire, en 1989, a été un moment historique pour la Cites. Sans cette convention, il n'y aurait sans doute plus à la surface du globe ni éléphants, ni tigres, ni rhinocéros, ni tortues marines...

"OUTIL LE PLUS PUISSANT"

"C'est l'outil le plus puissant pour protéger la biodiversité, commente Lucien Chabason, directeur délégué de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). D'abord parce que la Cites utilise l'arme commerciale. Ensuite parce qu'elle fonctionne à la majorité et non à l'unanimité. Un Etat ne peut donc bloquer une décision. Enfin, elle a su assurer la mise en oeuvre de ses décisions, grâce à la mobilisation des services douaniers dans les ports et les aéroports."

"Contrairement à la Convention sur la diversité biologique de 1992, qui fixe des objectifs généraux et fait appel au volontariat des Etats, sans réel débouché, la Cites prend des décisions concrètes qu'elle fait appliquer", renchérit Sébastien Moncorps, directeur du comité français de l'UICN. Si un Etat n'applique pas correctement une décision, il peut être sanctionné par une interdiction totale du commerce des espèces listées.

En raison de cette efficacité, le champ couvert par la Cites grandit. Historiquement centrée sur les animaux et plantes emblématiques, elle s'étend aujourd'hui à des espèces exploitées commercialement à grande échelle, comme les espèces marines et certaines essences de bois, que d'autres systèmes de contrôle ont échoué à protéger. Dans le cas du thon rouge, c'est l'incapacité de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT), gérée par les Etats pêcheurs, à préserver la ressource qui a poussé certains Etats à se tourner vers la Cites. Résultat : des intérêts économiques de plus en plus puissants entrent en scène, et le jeu diplomatique se tend.

Ce bilan positif ne doit pas occulter plusieurs limites. Les Etats peuvent, en émettant une "réserve", ne pas appliquer une décision - même s'il leur faut alors assumer les risques politiques d'une telle décision, notamment une pression accrue des écologistes. De plus, la Cites ne réglemente pas le commerce intérieur, qui est aussi une cause majeure d'extinction.

Surtout, en l'absence de moyens propres, son application sur le terrain repose sur l'engagement des Etats à faire appliquer les contrôles et à lutter contre le braconnage, qui reste une menace considérable. Ces carences expliquent pourquoi le tigre d'Asie ou le rhinocéros, entre autres, sont toujours menacés, malgré leur inscription à l'annexe I.

Enfin, la Cites est loin de couvrir les multiples causes de l'érosion de la biodiversité. "Elle ne traite ni la réduction des habitats, ni l'introduction d'espèces invasives, ni la pollution, ni le réchauffement climatique, explique Colman O'Criodain, du Fonds mondial pour la nature (WWF). Ce n'est pas son rôle."

"La Cites fonctionne bien aussi parce qu'elle porte sur un objet limité", observe M. Chabason, pour qui ses succès réels "ne doivent pas faire écran à l'ampleur de la régression du vivant, qui demande une mobilisation générale".

Des bateaux pour mémoire


C'est l'histoire d'un jeune lieutenant de marine, François-Edmond Pâris, élevé à la rigueur de l'école navale, adolescent brillant, doué en mathématiques, mais qui n'aimait ni les jeux de cartes ni les ambiances enivrées des tavernes. Aux escales, il préférait en toute quiétude s'adonner à la passion de sa vie : le dessin, un talent hérité de sa mère, une fille d'armateur brestois, un peu artiste. Son oeil de marin fit le reste. Il décida d'immortaliser les bateaux qu'il découvrait au fil de ses voyages en mer, intrigué par leur forme, leur matériau et leur usage. Son coup de pinceau fit des miracles et une oeuvre scientifique.

Depuis le 10 mars (et jusqu'au 19 septembre), le Musée national de la marine à Paris, rend hommage à cet honnête homme du XIXe siècle avec l'exposition intitulée "Tous les bateaux du monde". Une collection magnifique de dessins, de croquis, de maquettes, d'aquarelles qu'il fallut deux ans pour rassembler, comme l'explique Alain Niderlinder, conservateur-adjoint au Musée de la marine.

Ce trésor patrimonial fait de l'amiral Pâris, né en 1806 et mort en 1893, le fondateur de l'ethnographie nautique. L'ouvrage qu'il publie en 1843, Essai sur la construction navale des peuples extra-européens, reste une bible pour les scientifiques qui se réclament aujourd'hui de son école. "Pâris aurait pu se contenter de décrire les bateaux d'Arabie, d'Inde, de Chine, de Polynésie, par de simples croquis techniques, explique Eric Rieth, directeur de recherche au CNRS et membre du comité scientifique de l'exposition, mais il perçoit très vite que le bateau est aussi un objet social, en symbiose avec son environnement naturel, économique et culturel. Bref, que le bateau, c'est aussi et surtout des hommes."

Par chance, le militaire qui exigeait que chez lui on parle anglais, afin que ses deux fils, des marins eux aussi, s'ouvrent sur l'ailleurs, sait aussi écrire. Il annote ses dessins, décrit, analyse, compare... "C'est un chercheur de terrain, dans la droite ligne de l'anthropologie sociale, poursuit M. Rieth. Pour lui, les bateaux extra-européens, ceux de ces peuples de "sauvages" ou de "naturels", selon le vocabulaire du XIXe siècle, sont susceptibles d'être des sujets d'histoire au même titre que les édifices civils, militaires et surtout religieux."

Quand il embarque comme hydrographe en 1826 pour sa première circumnavigation de trois ans - il fera deux autres tours du monde - à bord de l'Astrolabe, le jeune officier de marine est remarqué par son commandant, Dumont d'Urville, qui l'encourage à dessiner. La mission s'inscrit encore dans l'esprit des voyages d'exploration du XVIIIe siècle, même s'il s'agit aussi d'aller agiter le pavillon français le long des côtes d'Afrique et d'Asie. C'est lors de cette expédition que le projet scientifique de Pâris commence à prendre forme. L'ethnocentrisme le rebute. Cet humaniste sent le besoin d'éclairer et de transmettre : "Notre époque de progrès sera peut-être accusée plus tard d'avoir été égoïste et d'avoir laissé perdre ce qui ne servait pas à ses plaisirs ou à son utilité directe", écrira-t-il. Certains lui reprocheront de ne pas avoir pu totalement se détacher de la pensée - et de la conquête - coloniale de l'époque, cédant pour les Africains, qu'il n'aime pas, aux clichés de l'anthropologie raciale. Mais son empathie pour les autres populations autochtones est réelle.

Un événement le marque particulièrement. Admirateur de James Cook, le célèbre explorateur britannique du XVIIIe siècle, il a dévoré ses récits de voyage en Polynésie et ses descriptions des pirogues des chefs tahitiens, notamment celle du roi O-Too, d'une architecture très sophistiquée. Un bâtiment de guerre entièrement cousu à la main, de plus de 30 mètres de long, propulsé par 144 pagayeurs. Quand il débarque à Papeete en 1839, lors de son troisième tour du monde à bord de l'Artémise, une frégate commandée par Laplace, il n'en retrouve aucune trace. Beaucoup de villages sont déserts, les hangars sont vides... "Cette pirogue était exceptionnelle, raconte Hélène Guiot, ethno-archéologue, rattachée à l'unité mixte de recherche (UMR) d'Archéologies et sciences de l'antiquité (ArScAn). Mais comme beaucoup d'autres, sa destruction a été ordonnée par les missionnaires catholiques et protestants, obsédés par l'éradication des objets associés aux rituels paganistes. Les idoles devaient être brûlées."

La scientifique raconte les offrandes consacrées à tous les dieux tutélaires, protecteurs de l'embarcation. Les esprits des charpentiers de marine, par exemple, pour les remercier du choix des bois, souple pour les traverses, dense pour l'étrave. Elle décrit comment les déportations et les interdictions de voyager - pour mieux surveiller les populations à convertir - ont conduit à la perte de la connaissance du ciel et de ses étoiles, donc de la navigation.

Lors de l'escale polynésienne, Pâris comprend, pour reprendre les mots du navigateur Titouan Lamazou, préfacier de l'ouvrage consacré à l'exposition (Tous les bateaux du monde, éditions Chasse-marée-Glénat, 208 p., 39 euros), que "ses craintes sur la désinvolture de notre civilisation de progrès sont fondées". Dès son retour en France, il poursuit l'écriture de son Essai. Il le fait avec d'autant plus d'empressement que l'état-major de la marine, également impressionné par l'excellence de sa formation d'ingénieur, lui confie la mission de développer la propulsion à vapeur, ce qui lui vaudra le surnom "d'Amiral des mécaniciens". L'univers de la voile est définitivement menacé. Les clippers vont bientôt céder la place aux cargos. Quand il quitte le service actif en 1871 pour devenir conservateur du Musée naval du palais du Louvre, il met la dernière main à son oeuvre. Et fait réaliser à partir de ses observations, des dizaines de maquettes, du boutre arabe au chelingue de Pondichéry. La mémoire de la mer est préservée.

Le kiwi, sauvé par un insecte


On est en plein dans la saison du kiwi français. Notre pays en produit chaque année 76 000 tonnes, essentiellement en Aquitaine et Midi-Pyrénées. Et, on ne le sait pas toujours, l’essentiel de cette production est bio. Il faut dire que le kiwi pousse bien chez nous, sans besoin de fongicide ou de pesticide. Sa peau le rend assez résistant ; et le fait que la France ne fait pas de mono-cultures 100% kiwi limite les risques.

kiwis-noirs.1268236113.JPGOr, depuis 2001, un insecte (la “Metcalfa pruinosa”) y dépose parfois ses larves et fait noircir la peau des kiwis. Mais ouf, les professionnels déconseillent l’utilisation de tout traitement chimique : ce serait essentiellement inefficace, disent-ils, voire nuisible pour l’éco-système environnant. Bref, cela apporterait plus de problèmes que de solutions.

Pour un contrôle durable de ce parasite, il faut lui donner un ennemi, naturel, en introduisant un autre insecte : le “Neodryinus typhlocybae”. Celui-là va bouffer les jeunes larves de l’autre insecte, voire pondre dedans, ce qui va les tuer. Introduire une population d’insectes capable de contrôler sur le long terme les attaques faites au kiwi prend de 5 à 10 ans.

Une fois introduit par l’homme, l’insecte vit sa vie, s’implante à plusieurs kilomètres. Si Metcalfa a pas mal progressé dans notre pays en 2009, Neofryinus est de plus en plus efficace contre lui. Pour une fois, une filière agricole a choisi la lutte biologique… et le temps.

Nette augmentation de l'irradiation liée au diagnostic médical


L'exposition de la population française aux rayonnements ionisants liée au diagnostic médical a augmenté en France, de 57 % en 2007 par rapport à 2002, expliquent l'Institut de veille sanitaire (InVS) et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire dans un rapport (pdf) publié lundi 22 mars.

Plusieurs facteurs expliquent la nette augmentation de la "dose efficace moyenne" entre 2002 – date du précédent rapport – et 2007. La dose efficace est un indicateur de radioprotection qui prend en compte les doses délivrées à chacun des organes du corps humain exposés a des rayonnements ionisants et leur sensibilité à ces rayonnements. Elle s'exprime en millisievert (mSv).

Cette augmentation est notamment due à un nombre accru d'examens par scanner (+ 26 %) et de médecine nucléaire (+ 38 %). Pendant ces cinq années, il a été observé une plus grande part des examens par scanner du thorax, de l'abdomen et du pelvis, c'est-à-dire des organes radiosensibles contribuant fortement à la dose de référence. Enfin, les auteurs de l'étude ont noté une nette augmentation du nombre d'examens associant la tomographie par émission de positons à un examen scanner.

Les actes de diagnostic médical en France conduisent à une dose efficace égale à 1,3 mSv en moyenne par an et par individu. Une valeur inférieure à celle des Etats-Unis (3 mSv), et "dans la fourchette des valeurs moyennes européennes (0,4 mSv au Royaume-Uni, 2 mSv en Belgique)", soulignent les instituts.

Chez l'adulte, le nombre d'actes et cette dose individuelle moyenne varie avec le sexe et l'âge. Par exemple, chez la femme, elle varie de 0,4 mSv par an entre 20 et 24 ans à 2,5 mSv par an entre 70 et 90 ans. Les actes les plus fréquents sont la mammographie (0,4 acte par an et par femme entre 50 et 70 ans), les radiographies des membres et du thorax.

En tout, ce sont 74,6 millions d'actes de diagnostic utilisant les rayonnements ionisants qui ont été réalisés en France en 2007. La radiologie conventionnelle (thorax, membres...) représente 63 % des actes, la radiologie dentaire 24,7 %, les examens scanner 10,1 % et la médecine nucléaire 1,6 %.

L'interdiction du commerce de l'ivoire des éléphants maintenue


La conférence de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées) a décidé lundi 22 mars de maintenir sa stricte interdiction du commerce de l'ivoire des éléphants, victimes de braconnage, en rejetant les demandes de la Tanzanie et de la Zambie d'un allègement des contraintes sur leurs populations de pachydermes. Pour le Kenya, leader d'une coalition de 23 pays africains hostiles à toute dérogation, le mieux est "de ne plus parler du tout de l'éléphant à la Cites jusqu'en 2018", puisqu'un moratoire, entré en vigueur en 2008, interdit les ventes d'ivoire pour neuf ans.

Pourtant, la Tanzanie (100 600 éléphants) et la Zambie (27 000) réclamaient à la Cites le droit de vendre respectivement 80,6 tonnes et 21,7 tonnes d'ivoire "légal", issues de l'abattage régulier ou de mortalité naturelle. Ces deux pays d'Afrique de l'Est pourraient d'ailleurs tenter de rouvrir les débats en session plénière, mercredi et jeudi. Selon la Tanzanie, la vente des 80,6 tonnes d'ivoire lui aurait rapporté 20 millions de dollars, une somme qu'elle s'engageait à consacrer à la conservation des éléphants.

UN "MAUVAIS SIGNAL" AUX BRACONNIERS

Mais la conférence, et surtout les pays africains, craignaient de donner "un mauvais signal" aux braconniers en abaissant le niveau de protection ou en autorisant une vente. Car, pour de nombreux observateurs, le commerce international est le principal moteur du trafic. "A partir du moment où il existe un marché, on encourage le braconnage", a expliqué Céline Sissler-Bienvenu, du Fonds mondial de protection des animaux (IFAW), inquiète de la recrudescence du trafic d'ivoire : 6,2 tonnes saisies au Vietnam en mars 2009, 3,3 aux Philippines le mois suivant.

"En Tanzanie, le parc de Selous dans le sud a perdu 30 000 éléphants en trois ans (...) : il en reste 40 000. Les autorités prétendent qu'ils sont partis ailleurs. Mais où sont-ils allés", s'est interrogé le biologiste américain Sam Wasser, de l'université de Washington à Seattle, qui incrimine l'implication du crime organisé dans le trafic d'ivoire. "Les grosses saisies d'ivoire sont de plus en plus fréquentes et aussi de plus en plus importantes", a également noté Tom Milliken, de l'ONG Traffic.

Depuis 1989, tous les éléphants d'Afrique (Loxodonta africana) sont inscrits à l'annexe I de la Cites, qui prohibe les exportations sauf quatre pays de l'annexe II (commerce sous contrôle), l'Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie qui ont pu procéder à une vente en 2008.

L'accès à l'eau propre, principal enjeu de la Journée mondiale de l'eau


A l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, lundi 22 mars, les Nations unies ont publié un bilan contrasté de l'amélioration de l'accès à l'eau douce à travers le monde. Selon un rapport annuel (PDF), les objectifs du millénaire, qui prévoient une réduction de moitié du nombre de personnes privées d'équipements sanitaires entre 2000 et 2015, ne seront pas atteints. Si le rythme actuel se maintient, 2,7 milliards d'êtres humains en seront toujours dépourvus d'ici à 2015.

En revanche, ces objectifs seront dépassés pour l'accès à l'eau potable. En 2015, le nombre de personnes privées d'eau de boisson dans le monde devrait être réduit de moitié par rapport au chiffre de 2000. Néanmoins, 672 millions de personnes en seront toujours privées à cette date, une grande partie d'entre elles en Afrique sub-saharienne.

DES PROGRÈS SIGNIFICATIFS

La Chine et l'Inde sont les pays qui ont le plus progressé. En Chine, 89 % de la population a désormais accès à l'eau potable (67 % en 1990), tandis qu'en Inde, ce chiffre atteint les 88 % (contre 72 % en 1990). Même chose pour les équipements sanitaires : la population chinoise bénéficiant de telles installations est passée de 41 % à 55 % ; en Inde, de 18 % à 31 %. Cependant, les disparités entre villes et campagnes restent fortes, et ce partout dans le monde : 84 % des êtres humains privés d'eau potable vivent en zone rurale.

Selon les standards du World Water Assessment Programme (WWAP) – le programme phare des Nations unies pour l'eau, qui produit un rapport triennal – chaque être humain a besoin de 20 à 50 litres d'eau propre chaque jour pour satisfaire ses besoins en termes de boisson, de cuisine et de nettoyage. Plus d'une personne sur six (894 millions environ) n'a pas accès à cette quantité minimale, selon les chiffres du programme conjoint des Nations unies pour l'eau, qui réunit l'Organisation mondiale de la santé et l'Unicef.

PROPAGATION DES MALADIES

L'enjeu de cette journée de mobilisation dépasse très largement l'accès à l'eau potable. Sous l'égide des Nations unies et de ses agences, la "Décennie de l'eau", qui court de 2005 à 2015, doit permettre aux gouvernements et aux institutions internationales de proposer des solutions concrètes afin de diminuer la pollution des ressources en eau douce et d'en améliorer l'accès.

Selon les chiffres du WWAP, deux millions de tonnes de détritus provenant des égouts sont déversées chaque jour dans les rivières et les lacs. La pollution des eaux par les rejets issus de l'industrie, de l'agriculture et des eaux domestiques usées a des conséquences dramatiques. La première est la propagation de maladies, au premier rang desquelles le choléra, la typhoïde ou la dysentrie. 1,5 million d'enfants de moins de 5 ans meurent chaque année pour avoir absorbé de l'eau souillée. 80 % des maladies prévalant dans les pays en développement seraient dues à un accès défaillant à l'eau potable et aux équipements sanitaires.

La seconde est la menace qui pèse sur les écosystèmes. L'utilisation de pesticides et la contamination des sols par les déjections des animaux d'élevage pose notamment de graves problèmes dans les pays dont l'économie repose sur l'agriculture. Le Fonds des Nations unies pour l'agriculture s'inquiète en particulier de la pollution de l'eau à l'arsenic, de plus en plus répandue en Asie. Ces multiples pollutions perturbent les équilibres biologiques et menacent la diversité de la faune et de la flore. La présence de nitrates, de phosphates et l'acidification des cours d'eau ont un impact direct sur la productivité des espèces, rappelle un autre rapport des Nations unies sur la qualité de l'eau.

En outre, la fragmentation des cours d'eau, par des déviations ou des barrages, provoque un affaiblissement du débit des cours d'eau ainsi qu'une modification des écosystèmes. Enfin, le réchauffement climatique et ses conséquences – sécheresse, inondations – ont un impact direct sur la quantité et la qualité de l'eau disponible.

A l'échelle mondiale, la protection des ressources en eau est seulement reconnue par des traités non contraignants comme le chapitre 18 de l'"Agenda 21", adopté en 1992 par la conférence des Nations unies pour l'environnement et le développement, relatif à la protection de la qualité et de l'approvisionnement en eau douce.

Vaccins anti-grippe A : l'Etat confirme un accord avec Novartis


Le ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a confirmé mardi 23 mars qu'un accord avait été passé avec la firme pharmaceutique Novartis portant sur l'annulation d'une commande de vaccins contre la grippe H1N1, pour un montant de "16 % du marché initial". Lors de la séance des questions orales à l'Assemblée nationale, Mme Bachelot a précisés que des négociations étaient toujours en cours avec deux autres laboratoires, GlaxoSmithKline (32 millions de doses) et Sanofi-Pasteur (11 millions de doses).

Elle a rappelé que les résiliations avaient été faites "en vertu du pouvoir unilatéral de résiliation de la puissance publique", qui s'accompagne d'une "indemnisation". La négociation a été conduite par l'Eprus (Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) selon deux principes, a indiqué la ministre : que les trois laboratoires soient traités selon le même principe, et qu'ils soient indemnisés "sur la base des dépenses véritablement engagées".

Mme Bachelot confirme ainsi les informations du Figaro du lundi 22 mars. Selon le quotidien, "l'Etat devrait payer au final 48 millions d'euros aux groupes pharmaceutiques, en lieu et place des 358 millions d'euros prévus initialement pour les 50 millions de doses annulées". Les contrats, pour un montant de 869 millions d'euros, avaient été signés au début de l'été, à une époque où le gouvernement tablait notamment sur la vaccination de trois quarts de la population avec deux doses.



Roselyne Bachelot doit être entendue mardi après-midi au Sénat par la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion par le gouvernement de l'épidémie de grippe A. Cette commission d'enquête sur "le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la grippe H1N1" a été mise en place à l'initiative des communistes et du Parti de gauche. Elle est présidée par François Autain (Parti de gauche), et son rapporteur est Alain Milon (UMP).

Trois espèces de requin resteront menacées


Une seule espèce de requin, le requin taupe, sur quatre proposées, a obtenu mardi 23 mars la protection de la Cites, qui autorisera désormais son commerce international sous contrôle. La conférence de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées) a refusé mardi 23 mars de placer trois autres espèces de requin sous sa protection, le requin-marteau, le requin océanique et l'aiguillat commun, consommé en Europe sous le nom de saumonette.

Les Etats parties ont décidé que le requin taupe (Lamna nasus), surtout pêché dans les eaux tempérées et considéré comme "en danger" dans l'Atlantique Nord-Est, ne pourrait être mis sur le marché international qu'accompagné d'avis de commerce non préjudiciable à l'espèce, afin d'en réguler les prises. L'Union européenne, auteur de la proposition d'inscription avec Palau, a fermé l'an passé ses pêcheries de requin taupe, recherché pour ses ailerons et sa viande, a-t-elle rappelé. Après le rejet du thon rouge d'Atlantique Est et des coraux rouges précieux, le requin taupe est la seule espèce marine commerciale à rejoindre les Annexes de la Convention depuis l'ouverture de la conférence à Doha le 13 mars.

Avec 75 voix pour et 45 contre (à bulletins secrets), la proposition des Etats-Unis et de Palau pour un classement du requin-marteau halicrone (Sphyrna lemini) à l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées (Cites), qui aurait permis de réguler les exportations, n'a pas obtenu la majorité requise des deux tiers. Quelques instants plus tard, une autre proposition des mêmes pays, concernant le requin océanique (Carcharhinus longimanus ou requin à longue nageoire), a été également repoussée (par 75 voix pour et 51 contre). Les deux votes ont eu lieu à bulletins secrets, malgré l'opposition de la Libye qui réclamait avec insistance "de la transparence".

Ces deux espèces figurent sur la liste rouge de l'UICN (Union mondiale pour la conservation de la nature) comme espèce "mondialement en danger" et même en "danger critique" pour le requin océanique en Atlantique-Ouest. Ces grands poissons à maturation lente ne se reproduisent que tous les deux ans, ils sont surtout recherchés pour la qualité de leurs ailerons. Leur classement était recommandé par l'UICN et la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation. Sur les bancs de la délégation japonaise, qui s'opposait à ce classement, un délégué n'a pu retenir ses applaudissements.

Depuis l'ouverture de la conférence à Doha, le 13 mars, le Japon s'oppose à l'intervention de la Cites dans la gestion des pêches commerciales.
Il a reçu le soutien de l'Indonésie, premier "producteur" selon la FAO, et de la Chine — qui ne rapporte pas ses prises à la FAO mais consomme traditionnellement les ailerons de requin en soupe : tous deux ont insisté sur "l'impossibilité" pour l'administration et les douanes de distinguer les ailerons les uns des autres.

Le requin-marteau semblait le mieux placé de tous pour l'emporter, alors que sa population a décliné de 83 % en Atlantique Nord-Ouest entre 1981 et 2005 et de 50 à 64 % dans d'autres zones, selon la FAO. Les Etats-Unis et Palau pourraient tenter de rouvrir le débat jeudi en session plénière, en faisant valoir le vote très serré qui a disqualifié leurs propositions de classement du requin-marteau et du requin océanique.
 
Website Monitoring by InternetSeer hotel pas cher Votez pour ce site sur l'annuaire Tixido Annuaire des blogs, Net-CUP Annuaire blog: Rechercher et soumettre son blog gratuitement dans notre annuaire Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs Annuaire blog